La nuit des Eglises à Latresne - Photos et textes du Samedi 5 juillet 2014

LA COMMUNAUTE

Bâtir une Eglise n'est pas seulement œuvre d'architectes ou de maîtres artisans.
De fait, s'il y a une Eglise, c'est qu'il y a une communauté chrétienne éprouvant le besoin de faire signe en se réunissant et en célébrant le culte.

L'Eglise de Latresne est ancienne, la communauté l'animant également.

Le premier curé connu de Latresne est le Père Arnaud Guillaume COLOMB, en 1249, et la 1° mention de l'Eglise résulte d'un testament de 1274 dont l'auteur, Pierre de La Trene demande à être enseveli près de son père en l'Eglise St Aubin de Latresne.

La paroisse est rurale et pauvre.
Difficile de se faire une idée du nombre de paroissiens à l'époque de la construction de l'Eglise, qui doit remonter au XII° - XIII° siècle.
On sait en revanche qu'à la veille de la révolution Latresne comptait 900 habitants, dont 600 communiants et qu'à l'exception de 7 ou 8 personnes, tous les paroissiens faisaient leurs Pâques !
L'Eglise a aujourd'hui heureusement abandonné cette logique comptable, mais on ne peut pas s'empêcher de faire une petite comparaison ,,, 3-4 fois plus d'habitants et peut être pas autant de communiants !!! quant au nombre de personnes ne faisant pas leurs Pâques ...

Les visites pastorales des évêques révèlent une  communauté  fervente  ayant une dévotion particulière à Ste QUITTERIE, fêtée le 22 mai à l'occasion d'un pèlerinage annuel auquel sont associées les paroisses avoisinantes.
La confrérie de Ste QUITTERIE a disparu après la révolution, probablement en raison du caractère de moins en moins religieux des fêtes et réunions et des scandales en résultant.

Aujourd'hui l'Eglise de Latresne dépend d'un secteur pastoral de 10 paroisses ; la messe y est célébrée chaque vendredi matin et un samedi soir toutes les 5-6 semaines ; L'Eglise accueille des cercles de prière, notamment le jeudi soir pour le chapelet.
Elle accueille également des concerts ...

 

 

LE CLOCHER

C'est une des parties les plus anciennes de l'édifice et le Seul élément de l'Église à être inscrit au titre des monuments historiques depuis 1925.

Initialement la façade se composait d'un simple mur percé d'une baie et terminé par un pignon formant un clocher arcade

Les étapes de son élévation ne nous sont pas connues précisément mais on sait en revanche que les différents sièges qu'a pu connaître la ville en ont probablement suscité la fortification
C'est ainsi que deux archères furent percées transformant quelque peu le beffroi en tour de guet et de garde …
Le clocher est achevé en 1629, la date en est gravée dans la pierre.

Il sera naturellement doté de cloches.

Car, aujourd'hui comme hier, les fidèles sont appelés aux offices et voient leur journée de travail et les étapes de leur vie rythmée par le son des cloches.

Elles sonnent le glas pour les obsèques, l'angélus en milieu de journée, à pleine volée pour certains offices et grandes célébrations

Les cloches d'origine dataient du XVII° siècle et furent bénies en 1758 pour l'une et 1780 pour la seconde  ; elles furent néanmoins fondues à la Révolution, époque pendant laquelle  il y eut une interruption du culte également à Latresne

Il faut en effet préciser que le curé de Latresne était un prêtre concordataire qui bien que s'étant finalement rétracté n'exerça plus aucune des fonctions relatives à son état, lui préférant une activité de fermier.

Lorsqu'un nouveau prêtre arrive en 1802, son 1er souci sera de rétablir les cloches qui seront bénies l'une en 1803, l'autre en 1823.

Tant qu'on est à l'extérieur attardons nous sur le jardin aujourd'hui de dimension  modeste mais  qui, planté d'ifs hier,  accueillait 
- le cimetière, transféré en 1891
- et jusqu'en 1960, le bénitier daté de 1783 ou 1787 selon ce qu'on parvient à déchiffrer dans la pierre.

 

L'EVOLUTION DE L'EGLISE

L 'Eglise est de fondation romane ; elle se composait à l'origine d'une nef prolongée par une abside semi circulaire.
Il ne reste plus de cette église primitive que les murs de la nef ; l'édifice a naturellement suivi les évolutions de la communauté.

A l'époque médiévale, une nef suffisait
Les temps troublés ont suscité sa fortification
et pour tenir compte de l'accroissement de la population, elle fut agrandie dès le XIII° siècle et certainement avant le XVII° siècole, par une puis deux chapelles

Il n'en reste plus aujourd'hui qu'un fragment d'arc dans le mur contigu à la sacristie ; l'une était dédiée à Saint Jean, l'autre à Saint Roch

Au XVIII° siècle, 2 collatéraux seront bâtis de toute pièce, l'un dédié à notre Dame de Pitié, béni en 1771 l'autre à Ste Quitterie, béni en 1772.

L'Eglise acquiert alors sa configuration actuelle ; les années qui suivent la doteront de différents éléments mobiliers plus ou moins disparus à la Révolution (argenterie et objets de culte en or, cloches …)

Elle connaîtra 2 restaurations importantes :

l'une en 1866-1868, confiée à l’architecte GRELLET, elle lui conférera une allure néogothique ; l'ensemble du bâtiment sera couvert de voûtes d'ogive en briques reposant sur des colonnes, les murs étant renforcés par des contreforts extérieurs
les colonnes, nervures et voûtes sont en pierre de Latresne
les chapiteaux, les culots d'angle et les clefs de voûte sont dus à l'artiste Michel CROIZET

on peut s'attarder sur les 5 clefs de voûte
= l'agneau pascal
= les armes de Pie IX, béatifié en 2000 par le Pape J-P II, on lui doit les dogmes de l'infaillibilité papale et de l'Immaculée Conception mais aussi la généralisation du cilte du Sacré Coeur
= les armes du Cardinal DONNET, archevêque de bordeaux en 1837, à qui l'on doit une campagne de restauration et de reconstruction des édifices religieux en Gironde
= les armes du Préfet GROSSIN, comte de BOUVILLE
= la date de sa rénovation : 1868
De cette époque date également, la création d'une deuxième sacristie et le percement d'un escalier dans le clocher, et l'aménagement de la tribune et du Porche

la deuxième restauration d'importance est voulue par l'abbé FOUCAUD, prêtre de la paroisse de 1963 à 1993 ; elle assainira l'édifice : retrait du plâtre qui étouffait les mur, le modernisera notamment pour son éclairage et adaptera l'édifice aux nouvelles règles liturgiques issues du récent concile, notamment en rehaussant le chœur d'une marche supplémentaire

 

LE CHŒUR

A l'époque romane, il faut l'imaginer plus étroit que la nef, voûté en berceau plein ceintre (disent les spécialistes, en ½ cercle dit le le dico)

Au XIX° siècle, il sera élargi dans le prolongement des murs de la nef et gagnera 5 mètres de profondeur, suite à la démolition du sanctuaire primitif

C'est également au XIX° siècle Qu'il sera doté des 3 vitraux signés de Henri FEUR, peintre verrier :
au centre le bon pasteur
à ses côtés et de part et d'autre, les deux saints patrons St Aubin et Ste Quitterie
le même artiste réalisera les 2 autres vitraux =
- à gauche, l'annonciation
- à droite, la nativité et la mort de St. Joseph
A l'époque, le maître autel est un tombeau en marbre noir et blanc et il faut imaginer une séparation entre le chœur et l'assemblée matérialisée par la table de communion qui est une rampe en fer forgé


L'ornementation et l'aménagement du chœur vont connaître une évolution majeure au XX° Siècle, réforme liturgique oblige !

- la table de communion est retirée et se trouve aujourd'hui au fond de l’église, fermant la chapelle de Ste Thérèse, où l'on retrouve également encore l'ancien maître autel et son tabernacle

-  le chœur est surélevé et doté d'un autel sculpté dans un seul bloc de pierre par Jean Claude IZARD, qui y figure le bon pasteur
(NB le même artiste a sculpté l'autel de la Vierge)
l'autel est désormais visible ce qui est d'autant plus important le prêtre fait désormais face aux fidèles

- de même, le tabernacle est creusé dans le mur de l'abside.
Sa porte, ornée d'émaux est la réalisation de l'artiste bordelais renommé, Mirande (1932-1997) qui signera également la petite croix.


L'écrin, désormais sobre et ouvert est prêt pour servir la liturgie.


LES SAINTS PATRONS


SAINTE QUITTERIE, patronne secondaire de l'Eglise mais importante
une confrérie lui était dévouée au Moyen Age jusqu'à la Révolution, et un pèlerinage lui était à la même époque dédié
sainte martyre, dont le culte est très répandu dans le sud ouest ; à Latresne, la place porte son nom et la maison paroissiale également

Dans l'Eglise, on a vu qu'un vitrail lui était consacré mais aussi une statue en pierre, datant du XIV° siècle à en croire, son hanchement et le drapé de sa robe ;
La statuette est classée au titre des objets classés Monuments historiques
elle a été retrouvée un  peu par hasard dans le grenier du presbytère
c'est une statue céphalophore ; elle porte sa tête qu'un fiancé grincheux lui a tranchée, courroucé qu'il était d'avoir été éconduit

SAINT AUBIN né aux alentours de 470 et mort aux environs de 550, il est né dans le diocèse de Vannes et a été évêque d'Angers

Son patronage est également répandu en Gironde à en juger par le nombre de localités portant son nom
en 1398, la Paroisse porte le nom de Sanctus Albanus de Trena

Lui aussi est représenté dans l'Eglise par un vitrail et une statue qui daterait également du XIV° Siècle et  qui orne le clocher.

 

L'orgue

Il aurait été acheté 7000 F en 1885, ce qui équivaudrait à 139580 FF à en croire une table de conversion qui ne remonte pas au-delà de 1901 … soit une contre valeur actuelle de 21278 €

Elles ont été construites par Gaston MAILLE, facteur d'orgues du XIX° siècle à qui l'on doit plusieurs autres orgues dans l'agglomération bordelaise et notamment pour notre secteur les  orgues de Bouliac (1896) et de Carignan (1892)

Restauré en 1974, il compte désormais 14 jeux

On ignore quand a eu lieu la cérémonie de son éveil qui fait de l'instrument un des acteurs essentiels de la liturgie.

Eveille -Toi ma gloire !
Eveillez-vous, harpes et cithares
que j'éveille l'aurore !
Je Te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur
et jouerai mes hymnes en tous pays
extraits ps 56

Il représente l'Eglise et l'eucharistie
Comme l'assemblée, il est fait de membres différents et complémentaires : des petits et des grands, des graves et des aigus, des éclatants et des discrets...
Bien plus, en étant un seul instrument fait d'une multitude de tuyaux, il est l'image de l'eucharistie qui est un seul pain fait d'une multitude de grains

 

Prière de bénédiction des orgues

Dieu qui a rendu l’homme capable d’exprimer par la musique sa joie et sa peine, nous te prions :
daigne bénir cet orgue grâce auquel nos cœurs et nos voix seront davantage unis pour te célébrer.
Daigne aussi bénir tous les musiciens qui le feront sonner :
que ton Esprit les inspire afin qu’ils rendent gloire à ton nom et soutiennent le chant de l’assemblée.
Et comme cet instrument ne fournit qu’une seule musique à partir de la multitude de ses tuyaux et de la richesse de ses timbres, fais de tous les membres de ton Église un seul peuple, le corps de ton Fils,
Lui qui règne pour les siècles des siècles.
Amen.

Bénédiction d’un orgue
Éveille-toi, orgue, instrument sacré :
entonne la louange de Dieu, notre Créateur et notre Père.
Orgue, instrument sacré, célèbre Jésus, notre Seigneur, mort et ressuscité pour nous.
Orgue, instrument sacré, chante l’Esprit Saint qui anime nos vies du souffle de Dieu.
Orgue, instrument sacré, élève nos chants et nos supplications vers Marie, la mère de Jésus.
Orgue, instrument sacré, fais entrer l’assemblée de s fidèles dans l’action de grâce du Christ.
Orgue, instrument sacré, apporte le réconfort de la foi à ceux qui sont dans la peine.
Orgue, instrument sacré, soutiens la prière des chrétiens.
Orgue, instrument sacré, proclame gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit.
 

PROGRAMME MUSICAL

Philippe Beskorowajny: orgue

Amandine Joguet: trompette

Didier Lacombe: trombone       Air de Bach; Te Deum de Charpentier; Prélude de Water Music de Haendel

Philippe Beskorowajny: orgue  Improvisation

Corentin Zimmerman: flute

Véronique Nash: piano            Un oiseau en mai de Sichler

Liliane Gautier: violoncelle      Sarabande de la 3ème suite de Bach

Manon Sartres: flute               Fantaisie n°2 de Télémann

Manon Sartres: flute               Andante et Rondo de Doppler

Alexane Faye: flute

Véronique Nash: piano

Alice Zimmerman: chant        Au bord de l'eau de Fauré

Véronique Nash: piano

Philippe Besskorowajny: orgue  Ricercare de Pachelbel

L'Ensemble des musiciens avec Onitsha Gautier à l'alto et Smilla Gautier au tambourin   Passacaille de Falconieri

 

La nuit des églises – Samedi 5 juillet 2014

 

La Nuit des églises est une proposition de l’Église de France. L'évènement existe depuis 2011. Pour les chrétiens, le patrimoine accumulé au fil des siècles témoigne de la foi, de la prière et de la liturgie tels que les ont vécues les générations dont nous sommes les héritiers.

Pour ceux qui n’entrent jamais dans nos églises et qui en ignorent à peu près tout du sens véritable qu’elles expriment, c’est une occasion de découverte et peut-être d’approfondissement.

Dans notre monde contemporain où l’expérience sensible est si importante et où la culture en particulier religieuse est si déficiente, nous pensons que cette proposition d’une nuit des églises est un moyen parmi d’autres de rencontrer des frères que nous ne rencontrons pas habituellement.

Notre secteur pastoral a décidé de participer activement à cette manifestation en choisissant une seule église, ce qui permettra à tous de
travailler ensemble pour faire de ce temps fort un bel évènement. Cette année, c’est donc l’église de Latresne qui aura l’honneur de nous accueillir, à partir de 21h00. Parlez-en autour de vous…

 

DEROULE NUIT DES EGLISES


- 21H Volée de cloches
- Orgue et cuivres
- Mot d'accueil par le Père Despeaux – accueil et explication de la manifestation
- Sur le parvis de l'Eglise, explication sur le clocher et le bâti général de l'édifice
- en entrant dans l'Eglise sur musique de l'orgue, topo sur l'évolution de l'Eglise,ses grandes étapes
- flûte et piano
- le choeur : son autel, les vitraux, le tabernacle
- musique
- les Saints Patrons
- musique
- les objets de culte
- musique
- les vêtements liturgiques
- musique
- l'orgue
- musique

MINUTE SPIRITUELLE  COMPLIES

MINUTE CONVIVIALE

 

 

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